En bref : ce qu'il faut retenir
- Le 0 % ne vient pas d'une astuce : il résulte de la combinaison de deux règles parfaitement légales, l'absence de retenue à la source britannique sur les dividendes versés aux non-résidents, et la législation de votre pays de résidence.
- La société est imposée au Royaume-Uni sur son bénéfice imposable (19 % jusqu'à 50 000 £). Mais ce bénéfice se réduit par de vraies charges déductibles enregistrées avant la clôture : l'IS peut ainsi descendre, dans certains cas jusqu'à 0 %, au cas par cas et sous conditions strictes.
- Les profils typiques : entrepreneurs résidant dans un pays qui n'impose pas (ou peu) les dividendes étrangers, comme les Émirats et plusieurs autres juridictions, selon le régime applicable.
- Les limites sont réelles : résidence fiscale effective, gestion de la société, règles anti-abus de votre pays. Une LTD pilotée depuis la France reste imposable en France.
- Conclusion honnête : le 0 % existe, il est légal, mais il dépend entièrement de votre profil. C'est une analyse au cas par cas, pas une promesse.
Le mécanisme : deux étages, deux règles
L'imposition d'un entrepreneur en LTD se joue toujours sur deux étages, et c'est en les distinguant que tout devient clair.
Étage 1 : la société. La LTD paie l'impôt sur les sociétés britannique (Corporation Tax) sur ses bénéfices : 19 % jusqu'à 50 000 £, puis un taux progressif jusqu'à 25 % au-delà de 250 000 £. Cet impôt se calcule sur le bénéfice imposable : revenus moins vraies charges professionnelles. L'éluder par des charges fictives serait de la fraude ; le réduire par de vraies dépenses déductibles enregistrées au bon moment (sous-traitance, salaires et primes pour du travail réellement effectué, cotisations retraite, matériel, logiciels, marketing) est parfaitement légal, et peut, au cas par cas et sous conditions strictes, ramener l'IS jusqu'à 0 % quand les charges réelles absorbent le bénéfice. C'est le rôle de la revue avant clôture incluse dans notre accompagnement, qui paie souvent l'accompagnement à elle seule.
Étage 2 : vous. C'est ici que le 0 % se joue. Le Royaume-Uni applique une règle rare chez les grandes économies : aucune retenue à la source sur les dividendes versés à un actionnaire non-résident. Quand votre LTD vous distribue ses bénéfices, le fisc britannique ne prélève rien. Votre imposition personnelle dépend alors d'une seule chose : la législation de votre pays de résidence fiscale.
Là où le 0 % devient possible
Si vous résidez fiscalement dans un pays qui n'impose pas les dividendes de source étrangère reçus par les particuliers, l'équation devient : 0 % de retenue côté UK + 0 % côté pays de résidence = 0 % d'impôt personnel sur vos dividendes. En toute légalité, sans montage exotique.
Les profils typiques que nous accompagnons : entrepreneurs installés aux Émirats arabes unis, où les particuliers résidents ne sont pas imposés sur les dividendes ; résidents de juridictions à régime territorial ou à régime spécial pour les nouveaux arrivants, selon les conditions de chaque régime et leur évolution. Chaque pays a ses règles précises, ses conditions d'accès et ses exceptions : c'est exactement ce qu'on vérifie, texte à l'appui, avant de vous dire si le 0 % vous est ouvert. Deux voisins de palier expatriés dans le même pays peuvent avoir des réponses différentes selon leur régime, leur historique et la nature de leurs revenus.
Cas chiffré : consultant à Dubaï
Un consultant tech français installé aux Émirats, 150 000 € de chiffre d'affaires, 25 000 € de charges. Sa LTD dégage 125 000 € de bénéfice, sur lequel elle paie l'impôt sur les sociétés britannique, autour de 19 à 21 % avant optimisation ; la revue de clôture peut réduire ce montant, parfois fortement, selon ses charges réelles. Les dividendes distribués ensuite : 0 % de retenue au Royaume-Uni, 0 % d'imposition personnelle aux Émirats. Sa charge fiscale totale se limite à l'impôt sur les sociétés UK, quand la même activité exercée depuis la France aurait supporté une pression fiscale et sociale totale supérieure à 45 %. Ce résultat tient à SON profil : résidence émirienne effective, activité réellement exercée depuis Dubaï, clientèle internationale.
Les limites : ce que le 0 % n'est pas
C'est la partie que les vendeurs de rêve omettent, et c'est pourtant elle qui fait la différence entre une structure solide et un redressement.
- La résidence fiscale doit être réelle. Passer six mois par an en France en prétendant résider à Dubaï ne tient pas : la résidence fiscale s'apprécie sur des critères concrets (foyer, séjours, centre des intérêts économiques), et les administrations échangent leurs informations.
- La gestion de la société compte autant que votre adresse. Une LTD dont les décisions sont prises depuis la France peut être considérée comme fiscalement française (siège de direction effective) et imposée comme telle. La structure doit être cohérente de bout en bout.
- Les règles anti-abus existent partout. Sociétés étrangères contrôlées, dispositifs anti-évasion, clauses des conventions fiscales : chaque pays a ses garde-fous, et ils s'appliquent aux montages artificiels.
- Le 0 % n'est pas éternel par nature. Les régimes fiscaux évoluent : ce qui est vrai cette année doit être revérifié régulièrement. C'est aussi à ça que sert un accompagnement récurrent plutôt qu'un montage vendu une fois.
La bonne nouvelle : pour un entrepreneur réellement expatrié, avec une activité réelle et une structure cohérente, rien de tout cela n'est un obstacle. C'est précisément le profil pour lequel la LTD UK fonctionne remarquablement bien.
Pourquoi le Royaume-Uni, et pas une juridiction « offshore » ?
On pourrait se demander : pourquoi ne pas aller directement dans un paradis fiscal ? Parce que la LTD britannique offre ce que les juridictions opaques ne peuvent pas : une réputation irréprochable auprès des clients, des plateformes de paiement qui acceptent votre société sans sourciller, plus de 130 conventions fiscales, et un cadre juridique stable et lisible. Le 0 % via une LTD n'est pas un montage offshore : c'est l'application ordonnée de règles publiques, avec une société dans l'une des juridictions les plus respectées au monde.
Comment savoir si VOTRE profil le permet
Trois questions déterminent l'essentiel : où êtes-vous résident fiscal, réellement ? Comment votre pays traite-t-il les dividendes étrangers ? Et votre activité peut-elle être exercée et gérée depuis ce pays de façon cohérente ? Selon les réponses, le résultat va de « 0 % sécurisé » à « la LTD n'est pas la bonne option pour vous », et on vous le dit dans les deux cas.
Questions fréquentes
Le 0 % est-il vraiment légal ?
Oui, quand il résulte de l'application normale des règles britanniques et de celles de votre pays de résidence, avec une résidence et une gestion réelles. Ce qui est illégal, c'est de simuler une résidence ou de dissimuler des revenus, et ce n'est pas ce que nous faisons.
La société paie-t-elle quand même l'impôt UK ?
Elle est imposée sur son bénéfice restant après déduction des vraies charges professionnelles : 19 à 25 % selon le niveau. La revue avant clôture sert à réduire légalement cet étage, dans certains cas jusqu'à 0 % d'IS quand les dépenses réelles absorbent le bénéfice, au cas par cas et sous conditions.
Je réside en France, puis-je avoir le 0 % ?
Non : la France impose ses résidents sur leurs revenus mondiaux, dividendes britanniques compris. Une LTD peut rester pertinente pour d'autres raisons dans certains cas, mais le 0 % personnel suppose une résidence fiscale hors de France.
Et si je déménage l'an prochain ?
Le timing de l'expatriation et celui de la création de la LTD doivent être coordonnés : distribuer des dividendes avant le changement de résidence peut coûter très cher. C'est l'un des points clés de la session fiscale d'onboarding.
Que se passe-t-il si les règles changent ?
On vous prévient et on ajuste : c'est l'intérêt d'un accompagnement annuel plutôt qu'une création vendue puis oubliée. La structure doit vivre avec la réglementation.
Passer à l'action
Le 0 % n'est ni un mythe ni une promesse universelle : c'est un résultat qui se vérifie, profil par profil, chiffres à l'appui. En un appel, vous saurez où vous vous situez et ce que votre situation permet réellement.

