En bref : ce qu'il faut retenir
- La Thaïlande a durci sa règle en 2024 : les revenus de source étrangère rapatriés dans le pays par un résident fiscal sont désormais imposables, quelle que soit l'année où ils ont été gagnés.
- Le point clé n'est donc plus « d'où vient l'argent » mais « quand et comment il entre en Thaïlande » : la planification des distributions devient centrale.
- Est résident fiscal thaïlandais celui qui séjourne 180 jours ou plus dans le pays sur une année civile : ce seuil commande toute l'analyse.
- La LTD UK reste très pertinente pour ce profil : 0 % de retenue à la source britannique sur les dividendes, crédibilité auprès des clients internationaux, et une facturation qui ne dépend pas de la Thaïlande.
- Conclusion honnête : le 0 % personnel automatique n'existe pas en Thaïlande depuis la réforme. Ce qui existe, c'est une structuration propre, au cas par cas, à valider avant de s'installer.
Ce qui a changé en Thaïlande, et pourquoi c'est décisif
Pendant des années, la Thaïlande a appliqué une règle très favorable aux expatriés : les revenus de source étrangère n'étaient imposés que s'ils étaient rapatriés dans le pays au cours de l'année civile où ils avaient été gagnés. En pratique, il suffisait d'attendre l'année suivante pour faire entrer l'argent en franchise d'impôt local.
Depuis 2024, cette fenêtre est fermée : les revenus étrangers rapatriés par un résident fiscal thaïlandais deviennent imposables, y compris lorsqu'ils ont été gagnés une année antérieure. Autrement dit, l'ancien schéma « je distribue cette année, je rapatrie l'an prochain » ne fonctionne plus.
Beaucoup de contenus en ligne décrivent encore l'ancienne règle. C'est le premier piège pour un entrepreneur qui s'installe à Bangkok, Chiang Mai ou Phuket en 2026.
Le seuil qui commande tout : 180 jours
Vous êtes résident fiscal thaïlandais si vous séjournez 180 jours ou plus dans le pays au cours d'une année civile. En dessous, vous ne l'êtes pas, et la Thaïlande n'a pas vocation à imposer vos revenus étrangers, mais un autre pays prend alors le relais : on ne devient pas apatride fiscalement.
Ce seuil est donc la première chose à poser sur la table. Un nomade qui passe cinq mois en Thaïlande, trois au Vietnam et quatre ailleurs n'est pas dans la même situation qu'un expatrié installé à l'année avec sa famille. Et un séjour prolongé involontaire peut faire basculer une année entière.
Ce que la LTD UK apporte dans ce contexte
La LTD conserve trois atouts majeurs pour un entrepreneur basé en Thaïlande.
Elle sépare l'activité du pays de résidence. Vous facturez des clients européens et américains depuis une société britannique reconnue partout, avec des moyens de paiement qui fonctionnent (voir notre guide bancaire pour non-résidents). Vos clients n'ont pas à s'interroger sur une structure locale peu familière.
Elle donne la main sur le calendrier. Une LTD n'est pas obligée de distribuer ses bénéfices immédiatement : les sommes non distribuées restent dans la société, après paiement de l'impôt sur les sociétés britannique. Pour un résident thaïlandais, c'est précisément le levier qui compte, puisque l'imposition locale se déclenche au rapatriement.
Elle limite l'étage société à l'impôt britannique, calculé sur le bénéfice restant après vraies charges déductibles : 19 % jusqu'à 50 000 £, et la revue avant clôture peut le réduire, dans certains cas jusqu'à 0 % d'IS, au cas par cas et sous conditions.
Cas chiffré
Une consultante française installée à Chiang Mai depuis deux ans, résidente fiscale thaïlandaise, facture 95 000 € par an à des clients européens via sa LTD. La société paie son impôt sur les sociétés britannique sur le bénéfice après charges réelles. Sur les dividendes qu'elle se verse, le Royaume-Uni ne prélève rien. Reste la question thaïlandaise : les sommes qu'elle fait effectivement entrer en Thaïlande pour vivre entrent dans l'assiette imposable locale, au barème progressif, tandis que ce qui demeure dans la société ou hors du pays suit un traitement différent. Son plan de distribution se construit donc autour de son train de vie réel sur place, pas au hasard. Selon son profil, l'écart entre une structuration réfléchie et une structuration improvisée se chiffre en plusieurs milliers d'euros par an.
Les points de vigilance
- Compter ses jours, sérieusement. Le seuil de 180 jours s'apprécie sur l'année civile : un tableur tenu à jour vaut mieux qu'une estimation de mémoire.
- Ne pas piloter la société depuis la Thaïlande sans y réfléchir. Comme partout, le lieu de direction effective d'une société peut attirer l'attention des autorités locales. La cohérence de la structure compte autant que la résidence.
- Documenter les flux. Distinguer clairement dividendes, remboursements de frais et transferts d'épargne personnelle : en cas de question, c'est la traçabilité qui protège.
- Suivre l'évolution des règles. La Thaïlande a modifié sa doctrine récemment et d'autres ajustements sont discutés : une structure se revoit chaque année, elle ne se fige pas.
- Vérifier sa situation de départ. Si vous quittez la France, la sortie doit être propre avant toute distribution importante.
Thaïlande ou ailleurs : la vraie question
Pour un entrepreneur mobile, la Thaïlande reste attractive pour son coût de la vie, sa qualité de vie et ses visas de long séjour. Mais depuis la réforme, elle n'est plus la juridiction « 0 % automatique » que certains décrivent encore. Si l'optimisation fiscale est votre critère numéro un, la comparaison avec d'autres destinations mérite d'être faite honnêtement, comme nous le faisons pour Dubaï ou le Portugal. Si la Thaïlande est un choix de vie, alors l'objectif devient de structurer proprement, en connaissant les règles.
Questions fréquentes
Puis-je garder mes bénéfices dans la LTD sans les distribuer ?
Oui, une société n'est pas tenue de distribuer. Les bénéfices non distribués restent dans la société après l'impôt britannique. C'est une décision de gestion, à documenter proprement, et à articuler avec vos besoins réels de trésorerie personnelle.
Un compte bancaire hors de Thaïlande change-t-il quelque chose ?
La question n'est pas où se trouve le compte mais ce qui entre effectivement dans le pays et votre statut de résident. Croire qu'un compte étranger suffit à sortir du champ est une erreur fréquente.
Faut-il un visa particulier ?
Le sujet fiscal et le sujet migratoire sont distincts mais liés : la durée de séjour autorisée influe directement sur le seuil des 180 jours. Les deux se planifient ensemble.
La LTD reste-t-elle intéressante malgré la réforme ?
Oui, pour la facturation internationale, la crédibilité, la maîtrise du calendrier de distribution et un étage société optimisable. Simplement, elle ne dispense pas d'une analyse locale sérieuse.
Passer à l'action
En Thaïlande plus qu'ailleurs, la bonne structure dépend de vos jours de présence, de vos besoins de trésorerie sur place et de votre calendrier. En un appel, on pose vos chiffres et on vous dit ce que votre profil permet réellement.

